Mots d’amour ! Pour toi mon amour Je suis allé au marché aux oiseaux Et j'ai acheté des oiseaux Pour toi Mon amour Je suis allé au marché aux fleurs.

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    04-Apr-2015

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  • Mots damour !
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  • Pour toi mon amour Je suis all au march aux oiseaux Et j'ai achet des oiseaux Pour toi Mon amour Je suis all au march aux fleurs Et j'ai achet des fleurs Pour toi Mon amour Je suis all au march la ferraille Et j'ai achet des chanes De lourdes chanes Pour toi Mon amour Et je suis all au march aux esclaves Et je t'ai cherche Mais je ne t'ai pas trouve Mon amour Jacques Prevert
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  • Il n'y a pas d'amour heureux Rien n'est jamais acquis l'homme Ni sa force Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix Et quand il croit serrer son bonheur il le broie Sa vie est un trange et douloureux divorce Il n'y a pas d'amour heureux Sa vie Elle ressemble ces soldats sans armes Qu'on avait habills pour un autre destin A quoi peut leur servir de se lever matin Eux qu'on retrouve au soir dsoeuvrs incertains Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes Il n'y a pas d'amour heureux Mon bel amour mon cher amour ma dchirure Je te porte dans moi comme un oiseau bless Et ceux-l sans savoir nous regardent passer Rptant aprs moi les mots que j'ai tresss Et qui pour tes grands yeux tout aussitt moururent Il n'y a pas d'amour heureux Le temps d'apprendre vivre il est dj trop tard Que pleurent dans la nuit nos coeurs l'unisson Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare Il n'y a pas d'amour heureux Il n'y a pas d'amour qui ne soit douleur Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri Il n'y a pas d'amour dont on ne soit fltri Et pas plus que de toi l'amour de la patrie Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs Il n'y a pas d'amour heureux Mais c'est notre amour tous les deux Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946)
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  • Je vis, je meurs Je vis, je meurs : je me brle et me noie. J'ai chaud extrme en endurant froidure : La vie m'est trop molle et trop dure. J'ai grand ennuis entremls de joie : Tout coup je ris et je larmoie, Et en plaisir maint grief tourment j'endure : Mon bien s'en va, et jamais il dure : Tout en un coup je sche et je verdoie. Ainsi Amour inconstamment me mne : Et quand je pense avoir plus de douleur, Sans y penser je me trouve hors de peine. Puis, quand je crois ma joie tre certaine, Et tre au haut de mon dsir heur, Il me remet en mon premier malheur. Louise Lab Sonnets, V111 La mer et l'amour
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  • Le Pont Mirabeau Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours aprs la peine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Les mains dans les mains restons face face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des ternels regards l'onde si lasse Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure L'amour s'en va comme cette eau courante L'amour s'en va Comme la vie est lente Et comme l'Esprance est violente Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Passent les jours et passent les semaines Ni temps pass Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
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  • A une passante La rue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d'une main fastueuse Soulevant, balanant le feston et l'ourlet; Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crisp comme un extravagant, Dans son oeil, ciel livide o germe l'ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. Un clair... puis la nuit! Fugitive beaut Dont le regard m'a fait soudainement renatre, Ne te verrai-je plus que dans l'ternit? Ailleurs, bien loin d'ici! trop tard! jamais peut-tre! Car j'ignore o tu fuis, tu ne sais o je vais, O toi que j'eusse aime, toi qui le savais! Charles Baudelaire
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  • Et la mer et l'amour ont la mer pour partage Et la mer est amre, et l'amour est amer. L'on s'abme en la mer aussi bien qu'en l'amour, Car l'amour et la mer ne sont point sans orage. Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage. Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer qu'il ne se laisse pas par l'amour emporter Car tous deux ils seraient sans hasard de naufrage La mer de l'amour eut la mer pour berceau, Le feu sort de l'amour, sa mre sort de l'eau. Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes. Si l'eau pouvait teindre un brasier amoureux, Ton amour qui me brle est si fort douloureux, Que j'eusse teint son feu de la mer de mes larmes... Pierre de Marbeuf
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  • Sensation Arthur RIMBAUD Par les soirs bleus d't, j'irai dans les sentiers Picot par les bls, fouler l'herbe menue: Rveur, j'en sentirai la fracheur mes pieds. Je laisserai le vent bainger ma tte nue. Je ne parlerai pas, je ne penserai rien: Mais l'amour infini me montera dans l'me, Et j'irai loin, bien loin, comme un bohmien, Par la nature, - heureux comme avec une femme
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  • A ma maitresse Mignonne, allons voir si la rose Qui se matin avoit dclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu ceste vespre Les plis de sa robe pourpre, Et son teint au vostre pareil. Las ! voyez comme en peu d'espace, Mignonne, elle a dessus la place Las las ses beautez laisse cheoir ! O vrayment marastre Nature, Puis qu'une telle fleure ne dure Que du matin jusques au soir ! Donc, si vous me croyez mignonne, Tandis que vostre age fleuronne En sa plus verte nouveaut, Cueillez cueillez vostre jeunesse : Comme ceste fleure la vieillesse Fera ternir vostre beaut. Pierre de Ronsard ("Le Premier Livre des Odes, Ode XVII")
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  • Harmonie du soir. Voici venir les temps o vibrant sur sa tige Chaque fleur s'vapore ainsi qu'un encensoir; Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir; Valse mlancolique et langoureux vertige! Chaque fleur s'vapore ainsi qu'un encensoir; Le violon frmit comme un cur qu'on afflige; Valse mlancolique et langoureux vertige! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir. Le violon frmit comme un cur qu'on afflige, Un cur tendre, qui hait le nant vaste et noir! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir; Le soleil s'est noy dans son sang qui se fige. Un cur tendre, qui hait le nant vaste et noir, Du pass lumineux recueille tout vestige! Le soleil s'est noy dans son sang qui se fige Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir! Baudelaire, Les fleurs du mal XLIII
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  • Georges Brassens La non-demande en mariage Ma mie, de grce, ne mettons Pas sous la gorge Cupidon Sa propre flche Tant d'amoureux l'ont essay Qui, de leur bonheur, ont pay Ce sacrilge... R: J'ai l'honneur de Ne pas te de- mander ta main Ne gravons pas Nos noms au bas D'un parchemin Laissons le champs libre l'oiseau Nous seront tous les deux priso- nniers sur parole Au diable les matresses queux Qui attachent les curs aux queues Des casseroles! Vnus se fait vielle souvent Elle perd son latin devant La lchefrite A aucun prix, moi je ne veux Effeuiller dans le pot-au-feu La marguerite On leur te bien des attraits En dvoilant trop les secrets De Mlusine L'encre des billets doux plit Vite entre les feuillets des li- vres de cuisine. Il peut sembler de tout repos De mettre l'ombre, au fond d'un pot De confiture La jolie pomme dfendue Mais elle est cuite, elle a perdu Son got "nature" De servante n'ai pas besoin Et du mnage et de ses soins Je te dispense Qu'en ternelle fiance A la dame de mes penses Toujours je pense
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  • Les Yeux d'Elsa Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire J'ai vu tous les soleils y venir se mirer S'y jeter mourir tous les dsesprs Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mmoire l'ombre des oiseaux c'est l'ocan troubl Puis le beau temps soudain se lve et tes yeux changent L't taille la nue au tablier des anges Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les bls Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit Tes yeux rendent jaloux le ciel d'aprs la pluie Le verre n'est jamais si bleu qu' sa brisure Mre des Sept douleurs lumire mouille Sept glaives ont perc le prisme des couleurs Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs L'iris trou de noir plus bleu d'tre endeuill Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brche Par o se reproduit le miracle des Rois Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois Le manteau de Marie accroch dans la crche Une bouche suffit au mois de Mai des mots Pour toutes les chansons et pour tous les hlas Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gmeaux L'enfant accapar par les belles images carquille les siens moins dmesurment Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages Cachent-ils des clairs dans cette lavande o Des insectes dfont leurs amours violentes Je suis pris au filet des toiles filantes Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'aot J'ai retir ce radium de la pechblende Et j'ai brl mes doigts ce feu dfendu paradis cent fois retrouv reperdu Tes yeux sont mon Prou ma Golconde mes Indes Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa Sur des rcifs que les naufrageurs enflammrent Moi je voyais briller au-dessus de la mer Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa Louis Aragon Extrait de "Les Yeux d'Elsa"
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  • Georges Brassens dans l'eau de la claire fontaine Dans l'eau de la claire fontaine Elle se baignait toute nue Une saute de vent soudaine Jeta ses habits dans les nues En dtresse, elle me fit signe Pour la vtir, d'aller chercher Des monceaux de feuilles de vigne Fleurs de lis ou fleurs d'oranger Avec des ptales de roses Un bout de corsage lui fis La belle n'tait pas bien grosse Une seule rose a suffi Avec le pampre de la vigne Un bout de cotillon lui fis Mais la belle tait si petite Qu'une seule feuille a suffi Elle me tendit ses bras, ses lvres Comme pour me remercier Je les pris avec tant de fivre Qu'ell' fut toute dshabille Le jeu dut plaire l'ingnue Car, la fontaine souvent Ell' s'alla baigner toute nue En priant Dieu qu'il fit du vent Qu'il fit du vent...
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  • Plaintes d'amoureux Nul hom ne peut souffrir plus de tourment Que j'ai pour vous, chre dame honore, Qui chaque jour tes en ma pense; Se il vous plat, je vous dirai comment, Car loin de vous ai vie dsespre: Nul hom ne peut souffrir plus de tourment Que j'ai pour vous, chre dame honore, Mais Faux-Rapport vous a dit faussement Que j'aime ailleurs; C'est fausset prouve; Je n'aime fors vous, et sachez, belle ne, Nul hom ne peut souffrir plus de tourment Que j'ai pour vous, chre dame honore, Qui chaque jour tes en ma pense; Deschamps
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  • PAUL VERLAINE 1844 - 1896 Green Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous. Ne le dchirer pas avec vos deux mains blanches Et qu' vos yeux l'humble prsent soit doux. J'arrive tout couvert encore de rose Que le vent du matin vient glacer mon front. Souffrez que ma fatigue vos pieds repose Rve des chers instants qui la dlasseront. Sur votre jeune sein laissez rouler ma tte Toute sonore encore de vos derniers baisers; Laissez-la s'apaiser de la bonne tempte, Et que je dorme un peu puisque vous reposez
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  • L'amoureuse Elle est debout sur mes paupires Et ses cheveux sont dans les miens, Elle a la forme de mes mains, Elle a la couleur de mes yeux, Elle s'engloutit dans mon ombre Comme une pierre sur le ciel. Elle a toujours les yeux ouverts Et ne me laisse pas dormir. Ses rves en pleine lumire Font s'vaporer les soleils, Me font rire, pleurer et rire, Parler sans avoir rien dire. Eluard
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  • DEMAIN, DS L'AUBE... - VICTOR HUGO Demain, ds l'aube, l'heure o blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la fort, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. Je marcherai les yeux fixs sur mes penses, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courb, les mains croises, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyre en fleur.
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  • Louis Aragon, "La rose et le Rsda" Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Tous deux adoraient la belle prisonnire des soldats Lequel montait l'chelle et lequel guettait en bas Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Qu'importe comment s'appelle cette clart sur leur pas Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y drobt Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Tous les deux taient fidles des lvres du coeur des bras Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Quand les bls sont sous la grle fou qui fait le dlicat Fou qui songe ses querelles au coeur du commun combat Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Du haut de la citadelle la sentinelle tira Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat Lequel plus que l'autre gle lequel prfre les rats Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas Et quand vient l'aube cruelle passent de vie trpas Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Rptant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa Et leur sang rouge ruisselle mme couleur mme clat Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas Il coule, il coule, il se mle la terre qu'il aima Pour qu' la saison nouvelle mrisse un raisin muscat Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera Dites flte ou violoncelle le double amour qui brla L'alouette et l'hirondelle la rose et le rsda
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  • J'ai tant rv de toi J'ai tant rv de toi que tu perds ta ralit. Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant Et de baiser sur cette bouche la naissance De la voix qui m'est chre? J'ai tant rv de toi que mes bras habitus En treignant ton ombre A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas Au contour de ton corps, peut-tre. Et que, devant l'apparence relle de ce qui me hante Et me gouverne depuis des jours et des annes, Je deviendrais une ombre sans doute. O balances sentimentales. J'ai tant rv de toi qu'il n'est plus temps Sans doute que je m'veille. Je dors debout, le corps expos A toutes les apparences de la vie Et de l'amour et toi, la seule qui compte aujo...

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