Lily Haime - ?· À mon amour D.A. et à mon fils R. À ceux qui ont connu le froid, la faim et l’obscurité.…

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    15-Sep-2018

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  • LilyHaime

    ABYSSES

    MxMBookmark

  • Lepiratageprivel'auteurainsiquelespersonnesayanttravaillsurcelivredeleursdroits.

    Cetouvrageatpublienformatpapiersousletitre:

    Abysses

    MxMBookmark2015,Tousdroitsrsrvs

    IllustrationdecouvertureMxMBookmark

    SousladirectiondeChristineGauzy-Svahn.

    CorrectionEmmanuelleLefray

  • monamourD.A.etmonfilsR.ceuxquiontconnulefroid,lafaimetlobscurit.

    Lamourneressentaucunfardeau,semoquedesdifficults,tentecequiestau-dessusdesesforcesetneprtextejamaislimpossible.Parcequilcroitquetoutluiestpermisetquetoutestpossible.

    ThomasA.KempisJaiaimjusquatteindrelafolie.Cequecertainsappellentlafolie,maiscequipourmoiestlaseulefaondaimer

    FranoiseSagan.

  • centcinquantemtresdeprofondeurdanslesocans,quatre-vingt-dix-neufpourcentdelalumiresolaireatabsorbe.Puis,au-deldemillemtres,lanuitest

    complte,lefroidintenseetlespressionscolossales.Cesontlesabysses

  • PrologueJepoussailescouvertures.Ensoupirant,Charlessappuyasuruncoudeetmobserva.Tuesobligdepartirtoujoursaussitt,sevexa-t-il.Jemelevai.Ilestdixheures,Charles.Tunevoistonprochainclientquedemainenfindejourne.Il le savait mieux que quiconque puisque ctait lui qui me trouvait mes clients depuis dix ans

    maintenant.Depuisquilmavaitsortidelarue.Jercupraimesaffairesquitranaientparterreetmedirigeaiverslasalledebain.Jemeglissai

    dansladoucheetfiscoulerlesjetsdeaubrlantesurmoi.Jefermailesyeux,posaimonfrontcontrelecarrelageetprofitaidecesquelquesinstantsdesolitude.Malheureusement,ilsneduraientjamais.Aprstoutescesannes,tunedevraisplusmefaireautantdeffet.Charlesseglissaderriremoietsecollamondos,sonrectioncontremesfesses. Il semblerait pourtant que si, susurra-t-il enme caressant, de sesmains que javais toujours

    trouvestropdouces.Tuestellementbeau,Rafael.Il suivitdundoigt la lignedemespaules, lecontourdemesbrasetdescenditversmonventre

    plat.Tusaiscequimeplatvraiment,monamour?mesouffla-t-illoreille.Savoirquonpaiesi

    cherpourtavoir.Savoirquejechoisisquietquand.Savoirquetuesmoi.Ildchiraltuidunprservatifetjecontractailamchoire,hassantceson.Pourtant,parhabitude,

    parce quilmavait si bien duqu, je passaima tte par-dessusmon paule et croisai son regardavidequandilagrippaviolemmentmeshanches.Etjemesouvinsdecejour-lDelapremirefoisJentaisquunadolescentauventrevide,errantdanslesruessombresdeBoston,lhiverdemes

    seizeans.Pendantlajourne,jedormais;parcequelesoleiltaithaut,quilfaisaitpluschaudetquemon sommeilparaissait plusdouillet.Lesnuits, elles, taientglaciales et dangereuses. Jeprfraistrerveilletmarchersansbut.Aumoins,jentaislamercidepersonne.Dumoins,lecroyais-je.Parfois, je traversaisCharles River et je me promenais dans Cambridge, oubliant que jtais

    orphelin,que jenavaisplusde toit etque lorsque javais trop faim, jevolaisquelquespaquetsdechipsdanslesrayonsdunesuprette.JeparcouraislescampusdHarvardetduMITquelestudiantsendormisavaientdsertsetjerepartaisquandlaubeselevaitetquetoutredevenaitrel.Unenuit,unedecellesquichangenttout,jenerussisplusavancer.Jtaisfbrileettremblant,

    mesmains taientmoites etmon front brlant.Un anplus tt,mamremaurait emmenvoir unmdecin.Ilmauraitprescritdesmdicaments,unebonnesemainedereposettoutseraitrentrdanslordre.Mais aujourdhui, jtais seul,malade, etma famille dormait dans un cimetire plus loin.Mon pre. Ma mre. Il ny avait plus personne pour veiller sur moi, et je navais plus assez decouragepourmetranerjusquauxurgenceslesplusproches.

  • Enmengouffrantdanscetteruellesordidecesoir-l,jepensaismelaisserglissercontreunmuretattendre.Attendrequoi?Lamortpeut-tre,unmiracle.Jtaispuis,jenenpouvaistoutsimplementplus. Jenavaispasundollarenpoche, rienmanger,pasde litomenfouir.Plusde lendemain.Alors javais seulement avanc, quittant les lumires des lampadaires pour menfoncer danslobscurit.CefuticiquejerencontraiCharles.Ilmesuivaitdepuisplusduneheuredanssaberlinenoireauxvitresteintes;jelavaisrepr

    langle dune rue, ctait comme sil mattendait. Et quand javais piqu du nez, prt tomber, ilstait trouv soudain derrire moi pour me rattraper. Je mtais appuy contre lui, le regard sifivreuxquejavaistoutdabordcrulimaginer.MaisCharlesnavaitriendunrve.Quand ilmavait tenducette liassedebilletspar-dessusmonpaule, javaisdabordeudumal

    comprendre. Puis javais crois ses yeux bleus, son visage trop ple et javais compris. Ce quilattendaitdemoi.CequilvoulaitCequilvoulaitquejeluidonneCequejenavaisjamaisdonnpersonneLefroid,lafaim,lobscurit;autantderaisonsquimepoussrentaccepter.Javaisprislargent

    alorsquejenetenaismmeplusdeboutetjemytaisaccrochdetoutesmesforcesalorsquilmepoussaitsansdouceurcontreunmur.Jemtaismordulalvrepournepashurleretjavaisendurcettedouleurlesyeuxclos.Javaisattenduquilfinisse,quilsenaille.Etquandilavaitdisparu,quandlemoteurdesavoiture

    navaitplustquunronronnementlointain,jemtaiscroulausolpourvomir.CefutledbutducauchemarJavais russi, jene savais comment, atteindre lhpital.Lurgentistedegardemavait auscult

    sans sarrter surmon tat lamentable et ilmavait remis une ordonnance sansmme un sourire,partant dj vers son prochain patient. Javais rcupr les quelques botes de comprims lapharmacie du coin. Comme un automate, javais sorti des billets froisss de ma poche sans lesregarder,enessayantdoubliercommentjelesavaisobtenus.Doilsvenaient,lecommerantsenfichaittantquejepayais.Javaislouunepetitechambredansunhtelmiteuxolescafardsremplaaientlamoquette.Pour

    lapremirefoisdepuisdesmois,javaispudormirdansunlit.Lanuit,jeregardaisleplafondetlajourne, je sillonnais les rues la recherchede solutions.Maispersonnenevoulait embaucherungaminquitranaitlemmepantalondepuisdesjours,quinavaitpasdadresseetriendautrequunpeudecrassesurlesmains.Ilnyeutaucunbonsamaritain,commeonpeutlevoirdanscesfilms.Pasdebonnemepourvenirmercuprer,pourmaidermensortir.Etbienvite,javaisdrendrelaclefdelachambrepourrepartirdanslarue.Javais de nouveau crois Charles, comme sil nattendait que ce moment pour rapparatre.

    Jaurais pu faire demi-tour, bien sr. Jaurais pu dire non Il y avait dautres choix, srement.Dautres options.Mais ce jour-l, je nen avais vuquune seule et elle se tenait devantmoi.AlorsjavaissuiviCharlesensilence,lattebasse,priantpourquemamre,oquellesoit,nevoiejamaisa.Uneautrenuit.Uneautreruelle.Toujourslemmetarif.Charlesnavaitpastplusdoux,bienaucontraire.Maisilmavaitdemandmonprnom.Etjuste

    cetteattention,aussiinfimesoit-elle,mavaitdonnlimpressiondexisterauxyeuxdequelquun.

  • Rafael,luiavais-jerpondu.JemappelleRafaelVentes.Ctaitunmensonge,maisilavaitsemblsensatisfaire.Aprstout,acollaitavecmapeaumate,

    monvisagedhispanique,mesyeuxsombresetmescheveuxnoirs.Charlesavaitfiniparreculeretparremonterlafermetureclairdesonpantalon,laissanttranersa

    mainsurmoi,avecunsoupirdesatisfaction.trsbientt,Rafael.Iltaitreparti.Etiltaitrevenu.Ilntaitjamaisloinquandilmevenaitlenviedemourir.Commesilconnaissaitparfaitementla

    bonneheurepourvenirjoueravecmavulnrabilit.Quandjelevoyais,jesentaiscommeunventdedsespoirquimepoussaitdanslamauvaisedirection.Verslui.Audpart,Charlesmeprenaitcontreunmurouunautre,dansdesimpassespuantesetmalpropres.

    Quelques temps plus tard, il mallongeait sur la banquette arrire de sa voiture. Et puis, un jour,javaispassleseuildesamaisonBeaconHilletcefutcommeentrerenprisonsanssavoirsiunjourjepourraisenressortir.Ilmemartelaitdecoupsbrutauxetctaitcommeunepluiedetristessequisabattaitsurmoietquilavaitmontredetoutcequiavaitpu,unjour,merendreheureux.AlorsjavaisseulementcessderflchirpourrestreindremespensestroispointsprcisLefroid,lafaim,lobscuritBien sr, ilme ramenait toujours Roxbury aprsuneoudeuxheures userdemoi comme il

    lentendait.Maisoquejesois,jentendaisquandmmelaportedesachambreclaquerderriremoi.Et jeme rappelais que je ntais plus seulement un gamin errant dans les rues, la recherche dequelquesdollars.Jtaisdevenuunprostitu.Unepute.Lasienne.Etquimportaientlesraisons,mmeprimordialesetvitales,quimavaientamenl.Ctaitceque

    jtaisdevenu.Jemtaisvendupourunpeudechaleur,pourunpeudenourriture.Pourunpeudelumire.Pourtant,aprsdixans,jelacherchaisencoreJemeservisuncafquejebusdeboutenenfilantmavesteencuir,mesgantsnoirs,etnouaiune

    charpeblancheautourdemoncou.Assistable,Charlesconsultaitsonsecondagendaceluidontilseservaitpourgrermesrendez-vous.Demainsoir,tuvoislefilsAsher.Jemarrtai quelques secondes,ma tasse en suspens, pas sr davoir bien entendu. Jeplissai les

    yeuxetlestournaiverslui.BrandonAsher,tudis?Charleshochalatte,rajustaseslunettessursonnez.Merde!mnervai-je.Jetavaisditquejenevoulaisplusvoircepetitcon.Ilabeaucoupinsist.Jemefousdesavoirquilaitinsistounon.Deuxmilledollars,Rafael, fitCharles sans relever la tte.Pour tepointer auMITdix-sept

    heures,leramenerchezlui,tefairebaiserenpassantetrepartir.ceprix-l,tupeuxlesupporterune

  • petiteheure. ce prix-l, jtais cens supporter nimporte qui et nimporte quoi. Mais je navais tout

    simplementpasenviedefaireceteffortaveccesaloparddAsher.Jefinismatasseetlaposaidanslvieravechumeur.Cestladernirefois,Charles.Etmmesilmepaiedixmilledollars,aprsdemain,jeneveux

    pluslevoir.Cestmoiquidcide,Rafael,cingla-t-il.Iltournaunepageetlaparcourutrapidement,faonsubtiledeclorelesujet.Jeudisoir,cestpapiVermont.Tutesensdattaque?AndrewVermontavaitsoixante-seizeansetavaitdcouvertcertainsdesespenchantsilyavaittout

    justedeuxans.Ilvafinirparmefaireuninfarctus.Jemevoismalexpliquersafemmecommentilarendu

    lme.Charlesrit.Iltaitleseul.Etletroisime?demandai-je.Troisclientsparsemaine,ctaitlalimitequenousnoustionsfixe.Troisheuresparsemaine.Notrequota. Un nouveau, me dit Charles en refermant son agenda. Lucas Landwehr, trente-deux ans,

    commercialpourunechanedalimentation.IlvientBostonpourquelquesjoursetcherchedequoisedivertir.Jevois.Charlesrelevalesyeux.Ilahtedeterencontrer.Quand?Samedi, treize heures.AuColonnadeHotel. Il tenverra unmessage pour te communiquer le

    numrodesachambre.Trsbien.Je ramassai mon sac et le balanai par-dessus mon paule, mon casque de moto sous le bras.

    Charles sadossa sachaiseetmexamina,apprciateur, avantdepousseruneenveloppepleinedebilletsdansmadirection.Jelaramassaietmepenchaipourlembrasserbrivement.dimancheprochain,monamour,medit-il.Ilmesourit.Jercupraimesclefssurlecomptoiretmedirigeaiverslasortie.Dehors, jinspirai profondment, comme si je navais pas reprismon souffle depuis que jtais

    arriv.Etdansunsens,ctaitlecas.Cettemaison,jelamaudissais.Pourtant,jytaistoujoursrevenu.

  • 01Bonjour,mongrand.AmaFinchmeserradanssesbrasrobustes.Jemesuraisunbonmtrequatre-vingt-huitetelleme

    dpassait de quelques centimtres.Quant sa forte corpulence, elle navait dgale que son grandcur.Ellesentaitlacannelleetsapeaunoiretaitdouceetlisse,medonnantpresqueenviederesterblotticontreelle.Ellepossdaitcettetendresse,quimavaittantmanqulamortdemamre.Salut,Ama.Elleme repoussagentiment,me tapota les joues,mobservantdeprs.Elledtaillamescheveux

    rendusfousparletrajetenmoto,mesyeuxnoirsbrillantdefatigue,lescernesquiressortaientsurmon teint mat. Puis elle frona le nez en remarquantmon jean dchir aux genoux,mes rangersnoiresquimontaientjusqumi-mollet,monpullgriscolrouletmavesteencuirmarronlime.Tuaslairbien,conclut-elle.Javaisrussilexamen.Maisdejustesse.Elledevaittredebonnehumeurpourfairelimpassesur

    ltatlamentabledemonpantalon.Ellemedonnaunepetitetapesurlpaule.Lerepasestprt.Viensmanger.Ungrandgaillardcommetoi,ilfautlenourrir.Jemenourris,Ama.Pasassez!tonna-t-elle.Ellesedhanchajusqulacuisineet je lysuivis.Labonneodeurquiensortaitvint titillermes

    narinesetmouvrit lapptit,commechaquefoisque jevenaismanger ici.Soit toutes lessemainesdepuisdesannesmaintenant.Soli, le plus jeune fils dAma, tait dj attabl, piochant dans les plats en fixant son cran de

    tlphone.Avecsesdreadlocksquiluitombaientsurlefront,sonsouriresarcastiqueetsonattitudedbonnaire,ilnavaitplusriendugaminquejavaisrencontr.Lepetitratdgingandtaitdevenuunadolescentgrandetbeau.Etarrogant,pensai-jequandilrelevatoutjusteleregardversmoi.Tuesdjl?marmonna-t-il.Quoidj?Ilestdix-neufheurestrente.Jeluiprissontlphonedesmains.NomdeDieu,Rafael,rends-moia!Samreluicognalecrne.AulieudetenprendrenotreSeigneur,vadoncprvenirtonfrrequelonpassetable!Ilmabandonnasonportableensoufflant,melanantunregardnoir.Quandjeluirendis,ilbaissa

    aussittlatteetfilademauvaisegrce.JaidaisAma remplir les assiettes quandAbou dbarqua. Samre soupira en avisant son jean

    aussi us que lemien, son sweat-shirt desRed Sox qui avait vu demeilleurs jours et ses cheveuxcrpuspointantdanstouslessens.Salut,Rafael.Ilmetapasurlpauleensasseyantsurlachaiselaplusproche.JesourisenvoyantAmaplaquer

  • sespoingssurseslargeshanches.AbouFinch,vas-tuenfintedciderthabillercommetapositionlexige?Cenestpasdigne

    dupasteurdenotreparoissedetranerdanscegenredeguenilles.Aboufitlesgrosyeux.Lessermons,cestmoiquilesfais,Mama.Soliricanaetrcoltaunetalocheencoreune.BonDieu,pourquoicestmoiquimeprendstouteslesbeignes?Parcequetuesinsolent!Ilouvritlabouche,prtsedfendre,maisAvise-toidejurerencoreunefois,SoliFinchleprvintAmaenpointantundoigtmenaant

    verslui.Soli, vaincu, sadossa sa chaise en croisant les bras. Je ris, retrouvant tout coup le gamin

    boudeurquejavaisconnu.Ilntaitpassiloin,enfindecompte.Abou, comme sa mre plus tt, mobserva intensment. Il fut beaucoup moins indulgent en

    revanche.Tuasunesalegueule.Oui,srement.Jevaisbien,merci.Ettoi?JeplongeaimafourchettedansleragotdAma,refusantdediscuterdesraisonsdemafatigue.Jaiunsermonenretardcommedhabitudeetdesparoissiensquiveulentmecrucifier,fitAbou

    enmimitant.Misparta,aroule.Abou ntait pas un pasteur trs conventionnel. Il ne portait jamais de col blanc et le seul signe

    distinctifquilpossdaittait lacroixquipendaitsoncou.Sasoutanerestait lasacristieet il lapassait uniquement pour les clbrations. Surtout, il ne faisait jamais talage ni de saFoi ni de savocation.Ellestaientenlui,prsduncurgnreux.Uncurquimavaitsouventsauv.Quas-tufaitpourmettretesouaillesencolre,cettesemaine?IlhaussalespaulesetAmasouffladedsespoir.Elleselaissatombersursonsigecommesile

    monde lui-mme pesait sur son chine. Pourtant, ils ne donnrent aucune explication, ni lun, nilautre.JepenchailgrementlevisageetcroisaileregarddeSoli.Paslapeinedemefixercommea,ilsneveulentrienmedirenonplus.Abou,posasafourchetteetpivotaversmoi.Uninstant,nousnousobservmes.Uninstantdurant

    lequellesmotsfurentinutiles.Javaisdix-septansquandjerencontraiAbou.Bienquemespapiersdidentit,queCharlesstait

    occupdemefournir,mendonnentdix-huitpasss.Commetousleslundissoirsdepuisquemamrentaitplusl,jevenaisdanscetteglise.Celle

    quelle avait frquente de son vivant. Jemasseyais sur le dernier banc et regardais droit devant,cherchantdanslesilencelesoutienduneentitlaquelleelleavaitcruplusquetout.Mmelorsquelamaladiegagnaitinexorablementduterrain.Savieluichappait,maismamrecontinuaitdevenirici, sourianteetconfiante.Commesiellevoyaitquelquechosequimtait invisible.Parfois, jemedisaisquelleentrapercevaitlemondequilattendait,parcequelleavaitdjunpieddelautrect.

  • Elleavanaitverslamortetpeut-trequecequilapaisaittanticitaitlacertitudequecentaitpaslafin.Quaprs,ilyavaitquelquechose.Demeilleuretdeplusfort.Detranscendant.Quelquechosequirendraitenfinacceptabletoutessessouffrances.Jycroyaisetcetteidemeconsolaitunpeudesaperte,maidaitsupporterlemondedanslequel

    elle mavait laiss. Et parce que je voulais croire quelle mentendait, javais aussi besoin demexcuserdugaronquejtaisdevenu.Tellementloindeceluiqu...

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