Le devenir du CREGG

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    10-Jul-2016

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  • Le devenir du CREGG

    F. V ICARI , Nancy (France)

    Yasmina Reza

    in Ar t

    Soucieux de ne pas tomber dans un d61ire messia- nique, je me limiterai tt vous livrer quelques id6es qui n'engagent que moi sur l 'avenir du CREGG.

    Le fil conducteur sera alphab6tique.

    []

    Condrieu 1981

    Un quarteron de futurs creggistes, rap idement 6paul6 par une quinzaine de volontaires, fonde un club informel qui en deux jours, r6ussira h trouver sa voie. Ce sera celle de l'am61ioration de la qualit6 de la gastro-ent6rologie lib6rale.

    Le syndicalisme avait besoin de praticiens ayant la maitr ise de tous les actes de la discipl ine qu'i ls avaient ~ d6fendre et un sens pouss6 de leurs respon- sabilit6s.

    Les soci6tds savantes et surtout les associations de FMC ne devaient plus rester le pr6 carr6 des hospi- talo-universitaires.

    Entre ces deux aspirations extr6mes, allait s'instal- ler pour r6pondre/a la sp6cialisation du savoir m6di- cal, la cohorte des Commissions que vous connaissez.

    Une seule activit6, que l 'on nous a pourtant sou- vent reprochde, ~ tort, a 6t6 un 6chec : le lobbying. Nous avions voulu, d6s les premi6res ann6es, faire des groupements d'achats pour le mat6riel, pour les assurances. . , le caract6re trop individual iste des m6decins a 6touff6 toute tentative.

    Alors quel avenir pour ces gens-lh qui partis de 19, sont ~ pr6sent pros de 700.

    Club

    Club il est n6, club, le CREGG doit rester. Je n' imagine pas des 61ections d6mocratiques avec cam- pagnes 61ectorales. Dans les instances dirigeantes, la r6gle doit rester la cooptation et toute bonne volont6 n'a jamais 6t6 refus6e.

    Le pros61ytisme n'est pas la r6gle non plus mais un grand nombre d'adh6rents peut 6tre une preuve de reconnaissance, un g isement de mat i6re grise, une force de pression possible.., parfois 6tiquet6e de nui- sance.

    Cr~ativit~

    Elle doit 6tre notre moteur pour les ann6es ~ venir. La m6decine 6volue vite et son mode d'exercice 6ga- lement. I1 faut savoir 6tre cr6atif, imaginatif et propo- ser des structures nouvelles. L 'adaptabi l i t6 reste un facteur de progr6s.

    Culture

    Vingt ans de vie de > m'ont permis de d6couvrir des coll6gues de grande culture. A c6t6 de nos pr6occupations professionnelles, il serait souhai- table de susciter le regroupement de tous ceux qui pensent apporter h notre institution, une 616vation du d6bat dans quelque domaine que ce soit. Une nou- velle ~ est h cr6er. Si elle pou- vait dans un premier temps nous apprendre h mieux 6crire, mieux nous exprimer e ta bien communiquer, ce serait d6j~ un apport justifiant son existence.

    []

    R~fl~chir

    Reste toujours la base avant toute action. Comme nous l 'avons souvent demand6 et propos6, les Creg- gistes partis pour nous d6fendre dans des instances officielles comme les syndicats ou les soci6t6s savantes ou dans des lieux plus politiques, peuvent et doivent trouver un lieu de r6flexion toujours ouvert pour eux parmi nous.

    R~seau

    Notre mode d'exercice 6volue et si les cabinets de groupe de gastro-ent6rologie ont donn6 naissance au CREGG, le plus souvent autour d 'une installation de radio, la n6cessit6 de tavail ler en r6seau, ouvre des horizons nouveaux :

    - - R6seaux de canc6rologie dont la gastro-ent6ro- logie doit rester le maillon fort ;

    - - R6seaux de pelv i -p6r in6ologie avec nos col- 16gues gyn6cologues, urologues, psychologues, kin6- sith6rapeuthes ;

    - - R6seaux thoraciques : cardiologie, pneumolo- gie, ORL, etc.

    Acta Endoscop ica Vo lume 32 - N ~ spec ia l CREGG - 2002 419

  • L 'endoscopie el le-m6me devra 6voluer vers une endoscopie de diagnostic, 16g6re et une endoscopie lourde dans de grands centres d' imagerie diagnos- tique et interventionnelle.

    La transversalit6.., c'est un peu cela.

    R6formes

    La r6forme de la nomenclature par une revalorisa- tion de l'acte intellectuel qu'est la consultation, enest un exemple.

    Cependant, attention ~ ne pas tomber dans l'exc6s inverse qui n6gligerait l 'acte technique.

    Comme le disait Chateaubriand : .

    R6f~rence

    Comme par le pass6, le CREGG doit, vis-ta-vis de nos partenaires, en particulier de l'industrie pharma- ceutique, rester une r6f6rence.

    []

    Excellence

    - - Elle est la condit ion indispensable ~a la r6f6- rence ~a laquelle nous venons de faire allusion.

    - - Elle passe indiscutablement par une FMC sans cesse am61ior6e non seulement subie, mais de plus en plus dispens6e : ~ nos coll6gues, ~ nos correspon- dants, ~a l '6tranger, demain aux associations de malades. On apprend beaucoup mieux en ensei- gnant.

    Evaluation

    1) Eva luat ion ind iv idue l le

    Si l'6valuation de l'hospitalisation publique et pri- v6e a d6jh commenc6, l '6valuat ion individuelle va devenir une n6cessit6.

    L'6re du monopole des soins m6dicaux qu'exerqait le m6decin est r6volue.

    La m6decine est devenue plus efficace et plus coO- teuse. I1 faut donc rendre de plus en plus de comptes

    la fois au malade et h la collectivit6.

    Le > rapidement encadr6 par les professions juridiques exigera de nous tous d'6tre capables de r6pondre ta tout moment du choix de nos pratiques.

    Ceci passe par une 6valuation permanente de ces pratiques sous tous leurs aspects et incidences. Sachons anticiper et faire des propositions avant de les subir.

    A tout moment, il faudra veiller h replacer les 6va- luations dites id6ales dans un concept du raisonnable et du possible.

    2) Eva luat ion de nos ins t i tu t ions

    Par analogie avec ce qui se passe dans les autres 6tablissements (grandes 6coles, universit6s am6ri- caines), demain, une 6valuation, un classement de nos 6coles de M6decine et centres de soins, deviendra la r~gle.

    La carte de visite de ces 6tablissements, d6pendra de leur renomm6e, de leur capacit6 fi attirer des malades de l '6tranger, des 6tudiants, des postgra- duate.

    Si le f inancement de la sant6 doit faire appel ~ des assurances priv6es, ces 6valuations seront incontour- nables et indispensables : raison de plus pour anti- ciper.

    Cependant, il faudra veiller ~ ne pas tomber dans l'exc6s du > ~a l 'am6ricaine et faire un hit parade ~ tout propos. C'est en cela que le CREGG doit rester un lieu de r6flexion.

    I1 lui faudra savoir analyser, maitr iser les outils pour le faire, coopter les professionnels n6cessaires si besoin afin d'apporter comme touche finale sa vision r6aliste.

    Europe

    Pour options

    comparer essent ie l lement et justif ier nos syndicales et politiques.

    Euristique

    Nous repr6sentons certa inement le meilleur sup- port pour une m6decine exp6rimentale.

    Economie

    A tous points de vue : pour la gestion de nos lieux de travail, pour nous d6fendre vis-a-vis de nos tutelles : nous avons besoin d 'une formation socio- 6conomique. Le CREGG, en s'aidant de profession- nels comp6tents, devra savoir y r6pondre.

    Efficacit6 - Engagement

    L'efficacit6 passe par une certaine coh6rence, par de la discipline.

    L 'engagement au sein des associations de FMC et des soci6t6s savantes doit ~tre massif.

    L 'engagement syndical doit 6tre total. Qu'i l y ait des avis divergents ~ la base, ne peut ~tre qu'enrichis- sant pour la discussion.

    Mais l'objectif doit ~tre la recherche d'un consen- sus capable de satisfaire le plus grand nombre pos- sible afin d'aboutir ~ un front syndical unifi6. Ace stade, les particularismes n'ont plus lieu de s'expri- mer.

    Mieux, c'est vers une coh6sion avec toutes les pro- fessions de sant6 qu'i l faut tendre et ce d6j~ sur le plan loco-r6gional. N'oubliez pas que la division est la premi6re faiblesse ds professions de sant6.

    420 Volume 32 - N ~ spOcial CREGG - 2002 Acta Endoscopica

  • Evo lut ion

    Afin de mieux organiser l 'avenir qui sera diff6rent selon les sp6cialit6s et diff6rent 6galement selon les r6gions, la mise en place d 'un observato i re de l'6volu- tion de not re pro fess ion pourrait se justifier.

    S'il y a p6nurie de vocat ions, c 'est en faisant connattre l 'attrait de notre profession que nous pour- rons renverser la tendance. Une meil leure connais- sance de ce qui se passe ~ l '6tranger pourrait ~tre la solut ion ~t certaines situations difficiles a court et moyen terme. Exemple d'un gastro-ent6rologue hol- landais s'installant dans le Gers, situation critique des jeunes m6decins suisses auxquels on interdit pour quelques ann6es, toute installation, etc.

    G6n6ros i t6

    Ne l'oublions j amais. - - R. Castro, B. Grandjon 6taient nos r6f6rences.

    D 'une mani6re institutionnelle ou par des individua- litds volontaires, il serait bon que le CREGG reprenne le f lambeau.

    Grandes gueu les

    Elles sont parfois n6cessaires et les m6priser serait une grave erreur.

    Globa l i t~

    J 'a i voulu dans ce deuxi~me >, a jouter en quelque sorte, des activit6s 6vocatrices de globalisa- tion, de mondialisation peut-Stre.

    Le cofit des plateaux techniques, leur rentabil isa- tion, la mise en place de r6seaux vont nous amener d6velopper des structures de soins interm6dia ires entre le syst~me hospita l ier priv6 et public. Au CREGG de savoir jouer le r61e d'interface.

    Pour ceux qui en ont le d6sir, le CREGG doit pou- voir 8tre un partenaire privil6gi6, dans les deux sens, entendons nous bien, pour d6velopper d'autres acti- vit6s.

    Quelques-unes se sont d6j~ exprim6es : - - Imagerie : Hifi Communicat ion

    - - Edition : ALN, Durey - - Informatique : Anamorphic studio - - Hygi6ne hospitali6re : Germande

    D'autres vont voir le jour : - - Essais th6rapeutiques : A 7

    Toutes ces activit6s, n6es sur un mode ~ amateur ~, ont 6t6 t6t ou tard confront6es ~ la n6cessit6 de la professionnalisation pour garantir leur p6rennisation.

    Une activit6, non encore mentionn6e, m6rite enfin que l 'on s'y int6resse, la politique :

    - - soit par le biais des partis, par la voie de la ddputation et le CREGG a bien d6montr6 dans les ann6es pass6es que le clivage pol it ique n'avait que peu de prise sur la d6fense de la profession ;

    - - soit par le biais d' instances nationales ou rdgio- hales comme :

    9 le Conseil Constitutionnel et Social ~ 3 niveaux possibles : national, r6gional ou de la communaut6 urbaine qui sont des instances de r6flexion ;

    9 les conseils r6gionaux et g6n6raux ; 9 les municipalit6s ; 9 les chambres de commerce ; - - la logique voudrait 6galement que les m6decins

    puissent si6ger un jour de droit dans les CPAM et les CNAM ;

    - - dans les minist~res, les fonct ions de conseil devraient r6pondre ~ un certain par i tar i sme entre lib6raux et universitaires.

    Pour jouer h ce jeu de l 'a lphabet , nombre d'616- ments ont 6t6 >. Vous avez tous devin6 toutes les passerelles qui d6filaient sous vos yeux d'un compart iment ~t l'autre.

    Enfin, de la globalisation, on peut glisser ?a la mon- dialisation. Les activit6s que certains d 'entre nous ont d6j~ initi6es, doivent 8tre d6velopp6es :

    - - Deux pensent/a l 'Europe dans les Unions ; - - Un certain nombre parie Dakar ; - - Un part ~ HanoY de temps en temps.

    Conc lus ion

    Oui les temps sont difficiles. Mais il faut savoir qu'~ la peur du lendemain, peut suivre la tentation de se r6fugier dans le conservatisme, le repli sur soi.

    I1 faut croire ~ l'ardeur, a la conviction, h l 'enthou- siasme, > disait Edouard Herriot.

    I1 faut pour cela mettre l 'act ion au service d 'une vision, savoir conjuguer instinct et exp6rience. La prime va au pragmatique, au mobile, ~ l 'adaptable.

    I1 ne suffit pas d'avoir de la tSte, il faut aussi des tripes.., et qui mieux que nous, gastro-ent6rologues, pourrait en avoir ?

    I1 nous faut sans cesse bouger , sortir , comparer pour am61iorer.

    En guise de conseil, re tenons et m6ditons une phrase que je lisais, enfant sur lemur de mon 6cole primaire :

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