La tuberculose péritonéale de l'Africain transplanté

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  • Mddecine et Maladies Infectieuses. 1974 - 4 - 9 - 471 b 4 7 7

    La luberculose p riton( ale de l'AIricain lransplanl6* par d.P. COULAUD **, B. LAROUZE **, A. PASTICIER **,

    G. S A I M O T * * ot M, P A Y E T * *

    La tubercalose est [r~quente chez l'A[ricain de l'Ouesl uiv'ant en France : nous te constatons quot id iennement claus notre service essentietlement coasacr~ & ces transplanl~s. Elle es't particuli~re sur ce terrain par la forte prkvalence des ad~nopothies m~diastinales qui ddpasse celle des localisations pu, lmonaires, pIeurales, ganglionnaires super~icielles (2)(5)(12)(23)(26), mais nous croyons pouvoir souiigner, bien que notre statistique porte suT un hombre de cas r~duit, la fr~quence relative des atteintes p~riton~ales : 8 observations, de d~cembre 1970 h mars 1972, dont 5 so'us localisations extra-abdominales associ~es. Elles semblent kgalement fr~quentes en Afrique de l'Ouest : Sankal~ d Dakar d~nombre 54 atteintes p~riton~ales pour 400 tuberculoses (13,50 %) (33). Elles sont, par contre, beaucoup plus rares chez les sujets europ~ens (1 cas sur 466 tuberculoses po~r Justin Besancon en mil ieu hospitalier) . De mdme, les autears am~ricains n'en menl ionnent que 40 pour 3 755 tuberculoses (27), 169 pour 379 500 admis- Mons (21) en milieu hospitalier et leurs ~tudes portent, de plus, sur des p~riodes oh Ia tuberculose ~t~it beaucoup plus fr~quente (1953-1963). Nous avons observe, par ailleurs, pendant la mdme p~riode, 11 tuberculoses h~paliques ; elles ~taient constamment associ~es & un autre foyer sp~cifique, comme c'est habituel lement Ie cas (32). Les ponctions biopsie h~patique (PBH) n'~tanl pas pratiqu~es syst~matiquement chez nos malades tuberculeux, leur [r~quence a ~tk ~videm- meut sou s-estim~e.

    Ces huit observations de tuberculose p~riton~ale nous out permis de passer en revue Ies a~pects cliniques et les probl6mes diagnostiques chez le transplantS.

    Comme c'est habi tue l lement ]e cas dans ces tuber- euloses du t ransplant6 (2)(5)(12), nos malades 6talent en France depuis plus d 'un an (1 ~ 6 ans, 3 en moyen- ne) et 6taient fig6s de 24 ~ 33 ans (lnoyenne 26 ansL si l ' o n excepte un malade fig6 de 44 ans. La tuber- eulose p6ri ton6ale survenant essent ie l lement dans les 2" et 3 ~ dScades de la vie (11)(14)(21), son inc idence re la t ivement 61ev6e chez nos jeunes t ransplant6s s'ex- pl ique ais6ment par leurs condi t ions de vie.

    ANTECEDENTS

    Nous ne poss~dons aucune donn6e conce rnan t les aat6e6dents de nos m a l a d e s , ~ t ' except ion de Fun d ' en t re eux pr6sentant une p6ri toni te f ibro-adh6sive (ant6c6dent de tubereulose gangl ionnai re m6diasti- nale et pa renchymateuse infi l t rat ive c i r conse r i t e eo r r ec t emen t trait6e 5 ans auparavant) . On a insist6 sur la raret6 des images thorae iques s6quellaires (17) et sur la f r6quence lors d '6tudes n6eropsiques des at teintes intes t inales c ica t r ie ie l les (1)(21). La place de l 'a t te inte p6ri ton6ale dans l '~volution g6n6rale de ees tuberculoses n'a pu 6tre d6finie dans notre s6rie. Class iquement , elle s 'observe surtout dans les mois qu i suivent la p r imo- in fec t ion (21) et la f rdquence re la t ive des f o r m e s exsudat ives est alors par t ieul i~- rement 61ev6e. Ces donn6es n 'ont que la va leur d 'un sch6ma et bien que les atteintes s6reuses et les

    * Manuscrit re~u le 28 avril 1974. ** Chaire de Mddecine et d'Epiddmiologie Africaines et

    Tropicales, H6pital Claude-Bernard, Universit~ Pa- ris-VII.

    ad6nopathies m6dias t inales soient fr6quentes chez le transplant6, on pense main tenan t que, dans la plu- part des eas, la p r imo- in fec t ion s'est produi te avant l ' a r r iv6e en F rance (5) : la tuberculose est fr~quente en Afr ique (38) et les r6act ions tubercu l in iques pra- tiqu6es dans les p remie r s mois qui suivent l ' instal- lat ion dans notre pays so/at posi t ives dans 92 % des cas (2).

    FORMES ANATOMIQUES Nous re t rouvons la f r~quence classique des formes

    exsudat ives et mixtes (6 cas sur 8) par r appor t aux formes sbches, mais notre 6rude ne compor te au- cune forme ulc6ro-nodula i re (actuel lement except ion- helle) (11).

    CLINIQUE

    S y m p t o m a t o l o g i e :

    Les malades out consult~ le plus souvent pour une alt6ration de l'~tat g6ndral et pour des mani- festat ions abdominales f r6quentes mais peu 6voea- t r ices (douleurs vagues, t roubles du transit) . Dans un cas, l 'a t tent ion avail 6t6 6galement attir~e par une augmentat ion de volume de l 'abdomen. L ' insidiosi t~ habi tuel le de ces troubles expl ique le d~lai impor- tant entre leur appar i t ion et l 'hospi ta l i sa t ion (quel- ques semaines A quelques tools). La fibvre est quasi constante (7 cas), mais pr6sente parfois des r6mis- sions prolong6es (40). Elle est habi tue l lement mod6- r6e (38 ~ /~ 38,5 ~ , 7 fois sur 8). Son type est va- riable, elle est souvent irr6gulibre, parfois en pla- teau, ondulante et m~me pseudo:sept ie~mique (1 eas).

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  • L'asth6nie, l 'anorexie , l ' amaigr i ssement sont progres- sifs mats rapides : la moiti6 de nos malades pe- saient moins de 55 kg lors de l 'admiss ion. Les dou- leurs abdominales sont par t icu l i6rement fr6quentes duns notre 6tude (8 ca s ) ; diffuses, elles pr6domi- nent dans les zones var iables et il s 'agit plus sou- vent d 'une sensat ion de g6ne que de v6ritables douleurs. Les t roubles du t rans i t sont plus rares, /~ type de cons t ipa t ion sur tout (3 cas) ou de diarrh6e (1 cas). M6me si l 'a t te inte de l '6tat g6n6ral est dis- crbte, ces signes fonct ionnels ne doivent pus 6tre n6glig6s. Le pa lper de l ' abdomen r6vble s0uvent une sensibil i t6 diffuse. La d6couverte d 'un ascite (6 cas sur 8) oriente d 'embl6e chez ces jeunes t ransplant6s f6briles et asth6niques. Conform6ment aux donn6es classiques, il s 'agissait toujours d 'ascite l ibre, de vo- lume mod6r6 h Fexcept ion d ' u n 6panehement abon- dant. Chez Fun de ces malades, le palper re t rouvai t une sensation d 'emp~tement 6pigastrique. Quant aux formes s~ches (2 cas), on percevai t duns un cas une sensat ion d ' empgtement juxta-ombil ical . Le toucher rectal qui r6v8le parfois la pr6sence de nodules p6ri- ton6aux 6tait cons tamment n6gatif.

    D i a g n o s t i c :

    Dans ce contexte, la no t ion d 'ant~c~dents tuber- culeux e t l a d6couverte d 'une local isat ion sp6cifique associ6e rev6tent une grande valeur diagnostique. Cependant , les tuberculoses p6riton6ales que nous avons observ6es 6talent le plus souvent isoldes, si l 'on excepte les atteintes h6patiques qui nous sere- blent occuper une place privil6gi6e 6tant donn6 leur fr6quence (6 cas sur 6 PBH). Trois de nos malades seulement pr~senta ient un autre foyer : une p~ricar- dite, une pleur6sie, une atteinte r6nale. Ces don- n6s qui, il faut .le rappeler , ne concernen t que quel- ques malades, sont en con t rad ic t ion avec celles de la li t t6rature. En effet tous les auteurs soti l ignent la fr6quence des tuberculoses endothoraciques asso- ci6es ~ ces p6ritonites. Les pleur6sies s6ro-fibrineu- ses sont observ6es dans un quar t ~t la moiti6 des cas (1)(4)(11)(13)(33)(36). Elles sont plus fr6quentes dans les formes exsudatives et lorsque la maladie survient pr~coc~inent darts les suites de la Primo- infect ion (21). Les tuberculoses parenchymateuses pu lmonai res sont net tement moins fr6quentes dans la p lupar t des s6ries. Les ad6nopathies m6diast inales, absentes de notre statistique, sont observ6es chez 10 des 40 malades d 'E t ienne (11) dont l '6tude comporte un pourcentage notable de noirs afr icains t ransplan- t6s. Cet auteur, dans 10 % des cas, observe une mi l ia i re pu lmona i re (dans cer ta ines s6ries, cefte tu- berculose diss6min6e cornporte 2 fois sur 3 une loca- l isat ion p6riton6ale) (33). Les p6r icardi tes associ6es sont plus rares, encore que Singh (36) ait objectiv6 des anomal ies 61ectrocardiographiques compatibles avec ce diagnostic, chez 13 % de ses malades. La fr6- quence des tuberculoses in tes t inales est d iversement appr6ci6e : 12,5 % des cas d 'E t i enne (11), 3 % sur 39 laparatomies ~ vis6e diagnost ique pour Batter- shy (3). Le t rans i t du grSle syst6matique monl re des aspects de d i la ta t ion segmentaire dans la moiti6 (30 % h 2/3) des cas (4). Certaines p6ri toni tes plas- t iques 6volu6es, except ionnel les , sont responsables d 'aspects de compress ion extr insbque et d 'un d6pla- cement des anses lids h la r6t ract ion du m6sent6re. La recherche du BK dans les selles est habituelle- ment n6gative (3). Les autres local isat ions associ6es

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    sont beaucoup plus rares. Certains auleurs ont sou li- gn6 la fr6quence des tuberculoses ost6o-articulai- res (1), gangl ionna i res superficielles (4) ou m6sent6- r iques (21). Signalons par contre la f r6quence des atteintes g6nitales chez la femme et des st6rilit6s s6- quellaires (3)(16). Les formes mult ifocales ne sont pus rares (11) (60 local isat ions associ6es au total pour les 41 malades d 'Et ienne) . Nous ne raisons pas de laparoscopie syst6matique au cours des tubercu- loses thoraciques et ceci explique e n part ie le fail que l 'a t te inte p6ri ton6ale paraisse iso16e chez nos roulades.

    Les r f a c t i o n s t u b e r e u l i n i q u e s :

    Elles 6talent cons tamment posit ives (4)(24)(36) et cette posit ivi t6 6tait f ranche dans 3/4 des cas (6)(8). La possibi l i t6 de r6actions n6gatives, jusqu'/ t 18 % des cas (19)(37) a 6t6 signal6e pa r p lus ieurs auteurs, en dehors du contexte des mi l ia i res et des cache- xies (7)(13)(16)(18)(37)(40). Les tests utilis6s et l '6vo- lu t ion des r6sultats observbs ne sont pas pr6cis6s duns ces publ icat ions . Quoi qu ' i l en soit, les posi- tivit6s faibles ne sont pus rares : une s6rie r6cente (11) comporte pour 57 malades, 7 cas off la seule in t r ade rmo r6act ion h 50 U 6tail positive. Le l iquide d 'ascite (5 cas) 6tait cons tamment jaune ci t r in , 16gb- rement trouble, r iche en prot ides (53 g/1 ~ 70 g/1 eu moyenne) et en cellules. Duns trois cas, cet exsu- dat contena i t presque exclusivement des lympho- cytes, mats un pourcentage 61ev6 de polynucl6ai res neutroptfi les (respect ivement 29 et 38 %) 6tait pr6- sent dans les deux aulres cas. La recherche de BK a 6t6 cons tamment n6gative a l ' examen direct , posi- tive dans un seul cas en culture. Ces caractbres sont classiques encore que la concen t ra t ion prot6ique soit hab i tue l lement plus faible. On a signal6 la possibi- lit6 de l iquides sanglants (sans que l 'on puisse 6It- m i ne r une h6morragie t raumatique) (12)(17)(18). Dans toutes les s6ries publi6es, la recherche du BK

    l ' examen direct cst ra rement posi t ive et les cul tures sont souvent n6gatives (3)(9)(11)(14)(17)(19)(37). Tou- tefois, Singh (37) isole le germe en cul ture dans 83 % de ses 47 c a s e t at t r ibue ce pourcen tage 61ev6 an fait que les ensemencements sont r6alis6s ~ par t i r d 'un li tre au moins de l iquide d'ascite. L ' inocu la t ion au cobaye (4)(13) donne des r6sultats plus constants dans les diff6rentes publ ica t ions et devrai t 6tre cons- t amment associ6e h la raise en culture. On isole r a remen t le BK h par t i r d 'un foyer associ6 : l 'argu- ment bact6riologique manque le plus souvent ou n 'est pas obtenu avaut p lus ieurs semaines. Chez l 'Afr icain de l 'Ouest, la tuberculose p6ri ton6ale ne modifie pus ou peu l 'h6mogramme et l ' augmenta t ion de la VS, constante dans notre s~rie, est 6v idemment de peu de va leur chez ces malades.

    L a p a r o s e o p i e s e t b i o p s i e s :

    Au terme de ces invest igat ions cl iniques et biolo- giques, le diagnost ic demeure le plus souvent incer- tain. I1 repose sur l '6tude macroscopique et histo- logique des 16sions.

    La ponc t ion biopsie h6pat ique (PBH) a montr6 des 16sions granulomateuses dans les 6 cas off elle a 6t6 prat iqu6e. Dans les s6ries plus importantes , elles on t 6t6 objectiv6es respect ivement duns 38 % des 26 cas d 'E t ienne (11), 20 % des 14 cas d ' H y m a n n (17), 9 % des 47 cas de S i n g h (36).

  • La l a p a r o s c o p i e (10)(11)(29) const i tue l ' examen fondamenta l . Dans une s6rie r6cente (11), elle a pe rmis le d i agnos t i c d6s l ' examen macroscop ique , 38 fois snr 48 malades . Chez 4 de nos malades pr6sentant une forme asci t ique, elle a p e r m i s d 'ob- jec t iver des g ranu la t ions mi l i a i r e s carac t6r i s t iques . La b iops ie p6r i ton6ale "a la p ince appor te fr6quem- ment la conf i rmat ion du d iagnos t ic mon t ran t des 16- sions g rann lomateuses et 6ventuel lement eas6euses. La r eche rche du BK p a r examen d i r ec t (colora t ion de Ziehl) est hab i tue l l emen t n6gative. La r eche rche par f l u o r e s c e n c e d i r ec te sur coupe histologiclue per- met t ra i t sans doute d ' o b t e n i r p lus souvent des r6snl- tats d 'embl6e pos i t i f s (35)(39). Bien que p r i m o r d i a l e , la l a pa ro scop i e ne pe rme t pas toujours d ' a s su re r le diagnost ic . La p r6sence d ' adh6rences que l ' examen c l in ique ne p e r m e t pas toujours de p r6vo i r peu t g~- ner on i n t e r d i r e l ' instafflation. Ainsi , chez Fun de nos malades, qui p r6sen ta i t une forme f ibro-adh6sive, l ' endoscop ie n 'a pu dtre r6alis6e et le d iagnos t i c de- vail 6tre confirm6 quelques jours plus ta rd , lors d 'une in t e rven t ion Pour occ lus ion sur b r i d e s , . a l o r s que le t r a i t emen t sp6cifique 6tail d6j~t en t repr i s . Ail- leurs, la l apa ro scop i e est t echn iquemen t r6al isable , mats n 'ob jec t ive que des 16sions non sp6cif iques de type congestif . Ainsi , chez Fun de nos ma lades pr6- sentant pour toute symptomato!og ie une a l t6ra t ion de l '6tat g6n6ral et des douleurs abdomina les , elle ne mont ra i t que quelques adh6rences et une con- gestion p6r i ton6ale , la b iops ie h6pat ique ne r amena i t pas de f ragments in te rprb tab les , mats le t r a i t ement sp6cifique deva i t ob t en i r tr6s r a p i d e m e n t la r6tro- cession des t roubles , y compr i s la fi6vre 61ev6e. Enfin la l apa roscop ie peu t 6tre dangereuse et exposer h des b lessures d ' une anse intest inale , essent ie l lement dans les formes f ibro-adh6sives . Cependant les pu- b l ica t ions c o m p o r t a n t de nombreuses observa t ions [Et ienne 56 cas (11), Minconi 94 cas (29), De- b ray (10)] conf i rment l ' in t6rO p r i m o r d i a l de cet examen malgr6 ses l i m i t e s .

    Lapa roscop ie , b iops i e p6r i ton6ale h la p i n e e et ponc t ion b iops ie h6pat ique permet ten t le p lus sou- vent &aff i rmer le d iagnos t i c de tuberculose p6ri to- n6ale (11). Encore faut- i l savoi r poser leur i nd i ca t i on sur des signes qui ne sont pas toujonrs et taut s 'en faut, 6vocateurs. I1 semble, p a r contre, qne l ' impor - tance d6volue p a r p lus ieurs auteurs anglo-saxons (18)(24)(36) h la b iops i e p6r i ton6ale t ranspar i6 ta le

    l ' a igui l le soit excessive. U t i l i s ab l e dans les seules formes asci t iques , elle n 'es t pas to ta lement d6pour- rue de danger (25). El le assure ra i t le d iagnos t ic dans 50 "h 75 % des cas mats ne pe rme t pas, comme la l aparoscop ie qui est un examen s imple , un inven- taire p r6c is des 16sions abdominales . La laparo to- mie "h vis6e d iagnos t ique a 0 6 pr6conis6e et elle est encore uti l is6e p a r cer ta ins (3)(4)(14)(37)(39). Elle const i tue un geste mani fes tement excessif , puisque la sup6r ior i t6 de l ' endoscop ie semble 6vidente.

    ~k

    Tels sent les p rob l6mes d iagnos t iques habi tue ls de ces tubercu loses p4ri ton6ales , mats les c i rcons- tances de d6couver tes sont par ro ts s ingul i4res : nous avons vu la re la t ive f r6quence des formes asympto- mat iques d6couver tes lors d 'une l apa roscop ie sys- t6matique chez un sujet p r6sentan t un autre foyer

    tube rcu leux (11). Leurs i nc idences p ronos t iques et th6rapeu t iques sont d ' a i l l eurs l imit6es, mais lent intdr6t d iagnos t ique est pa r fo i s fondamenta l . Lors- qu 'e l les sont isol6es, ces formes pauc i - symptoma- t iques sont par fo i s d6couvertes for tu i tement . L 'un de nos malades avai t consult6 dans un se rv ice de chi- ru rg ie pour une he rn ie inguina te gauche. L ' in te rven- t ion pe rme t t an t de d6couvr i r , h l ' ouver tn re dn sac he rn ia i r e , une lame d ' asc i t e et des g ranu la t ions p6ri- ton6ales dont l ' examen his to logique conf i rmai t l 'or i - g ine tuberculeuse . Les formes ch i ru rg i ca l e s ne sont pas exeept ionnel les . Chez Fun de nos ma lades d6jh ment ionn6, le d i agnos t i c 6tail s econda i r emen t confir- m6 lors d 'une in t e rven t ion pour occlus ion inlest i- hale aigu/! du gr6le. Elle pe rme t t a i t de d6couvr i r une tuberculose f ibro-adh6sive. Les formes pseudo- a p p e n d i c n l a i r e s sont moths rares . Nous e i terons ic i l ' obse rva t ion d 'un de nos malades , op6r6 en urgence pou r des douleurs de la fosse i l iaque dro i te et une fi6vre. II p r6sen ta i t une tubercn lose p6r i ton6ale (gra- nu la t ions mi l ia i res ) sans autre loca l i sa t ion .

    TRAITEMENT

    Le t r a i t emen t sp6cifique de ces tuberculoses p6ri- ton6ales, qui peut 8tre plus bref que p a r le pass6, fa i t appel aux assoc ia t ions an t i tubereu leuses habi - tuelles. Les p6r iodes d ' a r rS t de t r ava i l peuven t 4ga- lement 8tre d iminu6es , mats la cure sana tor ia le de- menre assez sonvent souha i tab le chez ces t r ansp lan - t6s dont les cond i t ions de vie sont d6plorables . Les i nd i ca t ions des cor t ieo ides , imp6ra t ives dans les for- rues adh6sives, peuvent 8tre larges clans les formes exsudat ives . Ces an t i - in f lammato i res semblent en effet d i m i n u e r la f r6quence des adh6rences in t ra- abdomina le s c ica t r i c ie l l e s (et done celle des oc- c lus ions sur b r ide) qui ne sont pas except ion- nelles (11)(36).

    Chez ees malades , qui ont souvent une at te inte h6pat ique sp6cifique, l ' u t i l i sa t ion de la Ri fampi - cine, r6put6e h6patoloxique, n 'es t pas sans dangers . Nous avons observ6 une insuf l i sanee h6pat ique ai- guG d6s le 3 ~ jour du t ra i tement , chez 2 Euro- p6ennes pr6sen tan t une tubercu lose m i l i a i r e pulmo- na i re s6vbre. L 'une est mor te en 3 jours clans un tab leau suraigu, l ' an t re a 6volu6 f avorab lemen t apr6s l ' a r r6 t de la R i fampic ine . La b iops ie h6pat ique de cette ma lade n 'a pas montr6 d ' image compa t ib le avec une tuberculose, mais la loca l i sa t ion h6pat ique reste v ra i semblab le dans nn tel contexte . Nous n 'ut i - l i sons plus la R i f amp ic ine d a n s le t r a i t emen t des tuberculoses mi l i a i res a i g u & . Chez nos ma lades Afri-

    c a i n s , qui font des a t te intes h6pat iques subaigu~s, nous n 'avons jamais observ6 &a c c ide n t s graves. Ce- pendant , ehez 5 malades sur 10 t ra i t6s p a r l ' associa- t ion INH-Rifampic ine , nons avons observ6 vers le 15-20 ~ jour une ascens ion parall61e des t r ansaminases s6riqnes (h 150-300 unit6s F r a e n k e l en moyenne) et des phospha tases a lca l ines (entre 80 et 120 U.I.). Nous avons hab i te l l ement pou r su iv i le t r a i t emen t et ces anomal i e s b io logiques ont d i s p a r u en 2 mois. Chez un seul malade, l ' ex i s tence d 'nn ict6re associ6 nous a fai t i n t e r r o m p r e la R i fampic ine . I1 s 'av6re que 4 de ces 5 malades 6taient p o r t e u r s pe rs i s t an t s d 'Ant ig6ne Aust ra l ie et que l ' image h is to logique de leur foie, outre ]a tuberculose , 6tait celle d 'une

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  • h 6 p a t i t e e h r o n i q u e . A i n s i I ' a s s o c i a t i o n d ' u n e h 6 p a - r i t e c h r o n i q u e p e r s i s t a n t e et d ' u n e t u b e r e u l o s e h6- p a t i q u e s e m b l e p o t e n t i a l i s e r les r i s q n e s d ' u n e p o u s - s6e h y p e r - t r a n s a m i n a s 6 m i e e h e z u n m a l a d e s o u m i s au t r a i t e m e n l pat" la R i f a m p i e i n e .

    Ce fa i t n o u s p a r a i t d ' a u t a n t p l u s s i g n i f i c a t i f q u ' i l ne c o r r e s p o n d p a s a u x a n o m a l i e s b i o l o g i q u e s h a b i - t u e l l e m e n t o b s e r v 6 e s c h e z les E u r o p 6 e n s t n b e r e u - leux , s a n s a t t e i n t e h 6 p a t i q u e , t r a i t 6 s p a r la Ri - famp_ic ine ( s y n d r o m e r 6 t e n t i o n n e l , r 6 t e n t i o n de la B.S.P.) . E n t e n a n t e o m p t e d e la f r 6 q u e n c e d u p o r -

    t age p e r s i s t a n t de l ' A n t i g ~ n e A u s t r a l i e c h e z l 'Af r i - c a i n de l 'Oues t (de 10 "fi 15 % de ce t t e p o p u l a t i o n ) et d u fa i t q u ' i l ne s ' a g i t p a s d e p o r t e u r s s a i n s , m a i s p r e s q u e t o u j o u r s de su je t s a t t e i n t s d ' h ~ p a t i t e c h r o - n i q u e , i l n o u s p a r a i t s o u h a i t a b l e de r e c h e r c h e r sys- t 6 m a t i q u e m e n t l ' A n t i g ~ n e A u s t r a l i e c h e z ces Afr i - c a i n s t u b e r c u l e u x a v a n t de p r e s c r i r e de la R i fa rn - p i c i n e .

    U n e p l u s l a rge 6 tude est s o u h a i t a b l e , c o m p a r a n t les m a l a d e s r e c e v a n t de I ' INH seul , de la R i f m n - p i c i n e seule , on l ' a s s o c i a t i o n de s d e u x p r o d u i t s .

    RESUME A p r o p o s de 8 cas de t u b e r c u l o s e p ~ r i t o n 6 a l e o b s e r v e s c h e z les A f r i c a i n s

    de l ' O u e s t v i v a n t h P a r i s , les a u t e u r s a t t i r e n t t ' a t t e n t i o n s u r les c i r c o n s t a n c e s c l i n i q u e s d u d i a g n o s t i c , s u r l ' i n t 6 r 6 t de la l a p a r o s c o p i e p o u r ce d i a g n o s t i c et s u r le m a n i e m e n t de la R i f a m p i c i n e c h e z les t u b e r c u l e u x h 6 p a t i q u e s .

    M o t s = e l e f :

    T u b e r c u l o s e - P d r i t o n i t e - T r a n s p l a n t 6 - L a p a r o s e o p i e - R i f a m p i c i n e .

    SUMMARY Tuberculous peritonit is and tuberculous hepati t is are h ighly f requent in

    Wes t Afr icans living in France. The authors emphasize the interest of laparos- copy and liver's needle biopsy [or diagnosis of both forms, and the necess i ty of careful treatment w i th Ri[ampic in .

    K e y - w o r d s :

    Ta'berculosis - Peritonit is - Transplanted - Lap aroscopy - R i fampic lne .

    B I B L I O

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