Échecs au Praziquantel dans le traitement des bilharzioses : intérêt de la biopsie de muqueuse rectale et du suivi prolongé

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    31-Dec-2016

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  • M~decine et Maladies Infectieuses --. 1986 -- 5 Bis --. 380 ~ 384

    I checs au Praziquantel dans le traitement

    des bilharzioses : int6r t de la biopsie

    de muqueuse rectale et du suivi prolong

    par C. CHI01AC**, 6. BEAUCAIRE**, Y. MOUTON**, M. CAILLAUX*** et A. FOURRIER**

    RESUME Neuf bilharziens trait~s par PZ (55 cures de 60 mg/kg) de janvier 1980 ~ mars 1986 ont bdn~fici~ d'un suivi prolong~ : BMR it~rative avec test de viabil i t~ ; 17 ~checs

    parasitologiques ont ~t~ prononc~s chez 7 patients : ces r~sultats d~cevants sont contradictoires avec de nombreux autres travaux o5 la gu~rison est bas~e sur la n~gativation des selles ou des urines. Notre ~tu- de souligne I ' int~r~t du suivi prolong~ avec BMR chez les bilharziens trait~s par PZ pour appr~cier I'ef- ficacit~ r~elle et d~pister les ~checs.

    Mots-cl~s : Echec - Biopsie rectale - Praziquantel - Bilarziose.

    Le but de ce travail r~trospectif est d'appr~cier I ' int~- r~t de la biopsie de muqueuse rectale (BMR) et du suivi ~volut i f prolong~ chez les bilharziens ayant b~n~ficid d'un trai tement par Praziquantel (PZ) dans le Service R~gional des Maladies Infectieuses et Parasitaires de I'Universit~ de Li l le II (Prof. A. Fourrier) ; de janvier 1980 ~ Mars 1986, 11 des 16 patients suivis pour bilharziose ont ~t~ trait~s par PZ ; 9 sont ~valuables.

    MATERIEL ET METHODE

    Les 9 patients se rdpartissent en 4 femmes et 5 hommes d'~ge moyen de 38 ans (&ge extreme : 7-68). Les types para- sitaires dtaient S. j a p o n i c u m (5 fois), S. m a n s o n i (2 fois), S. h a e m a t o b i u m (1 fois) et S. i n te rca la tum (1 fois). Deux patients avaient ~td traitds sans succ~s par Oxamniquin ine et 1 par Niridazole.

    au lactophdnol. La prdsence d'oeufs viables de schistoso- me a ~t~ considdrde comme le tdmoin d'une bilharziose dvolutive.

    Le PZ a dtd administrd, ~ la posologie de 60 mg/kg en 1 & 2 prises (protocole A) ou ~ la posologie de 60 mg/kg en 2 prises, 2 fois & 48 H d' interval le (protocole B) ; c'est la constatation de I ' ineff icacitd du PZ selon le protocole A qui nous a condui t ~ essayer ce 2~me protocole.

    Les patients ont dtd trait~s en hospitalisation et suivis tous les 3 mois ~ 6 mois (examens directs et BMR), aucun n'est retourn~ en zone enddmique. Nous avons quali f id de prdcoces les dchecs survenus jusqu'au 3~me mois apr~s la derni~re cure et de tardifs les dchecs survenus au de l l .

    R ESU LTATS

    La BMR La BMR a diagnostiqud 7/8 bilharzioses intestinales

    alors que I'examen direct n'a dtd posi t i f que chez 2 patients.

    Lors du diagnostic et des contr61es ~ distance des cu- res, la recherche d'oeufs dans les urines et les selles a ~t~ systdmatique 3 jours de suite. Surtout, tousles patients ont bdndfici~ d'une BMR ~ chaque fois avec apprdciation de la viabi l i td des oeufs en microscopie optique ; ont dt~ consi- ddrds comme morts les oeufs calcifids et les coques ovulai-

    *Communication prdsentde au Congr~s international organis6 par la Soci6t~ de Pathologie infectieuse de Langue fran~aise et I'lnstitut de Mddecine tropicale d'Antwerpen (Belgique), les 6 et 7 juin 1986, Anvers, sous le titre : ((Actualit6s en Pathologie exotique>> **Service rdgional des Maladies infectieuses et parasitaires, H6pital Gustave Dron, F-59208 Tourcoing Cddex

    res vides. Les biopsies ont dtd ~tudides apr~s ~claircissement ' *~**Laboratoire central de I'H6pital Gustave Dron, Tourcoing

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  • Seule la BMR a permis le diagnostic des 15 ~checs au cours des bilharzioses intestinales et des 2 ~checs chez le bilhar- zien urinaire ; les examens directs ont toujours ~t~ n~gatifs lots des contrbles (Tableau I).

    TABLEAU I Int~r~t de la biopsie de muqueuse rectale pour le diagnostic positif

    initial et le diagnostic des ~checs

    Patients et types Diagnostic initial Diagnostic de rechute parasitaires

    Urines Feces BMR Urines Feces BMR

    1 S. mansoni 0 0 4- 2 S. japonicum 0 0 4-

    3S. j aponicum 0 0 4-

    4*S.mansoni 0 0 0

    5. S. haematobium 4- 0 4-

    6 S. japonicum 0 0 4-

    7 S. japonicum 0 4- 4-

    8 S. intercalatum 0 4- 4-

    9 S. japonicum 0 0 4-

    o o 4-

    o o + 0 0 -t- 0 0 4-

    0 0 -t- 0 0 -t-

    0 0 4- 0 0 4-

    0 0 4- 0 0 -F 0 0 4- o o ' 4- o o -I-

    0 0 -I- 0 0 4-

    0 0 4- 0 0 4-

    * diagnostic initial sdrologique et positivation secondaire de la BMR (1 mois)

    Les traitements 8 des 9 patients ont bdn~ficid de 23 cures selon le pro-

    tocole A en premiere intent ion et 6 des 7 patients (dchecs du protocole A) ont bdn~fici~ de 16 cures selon le protoco- le B. 1 pat ient a bdn~ficid d'emblde d'une cure selon le pro- tocole B. Soit 55 cures ~ 60 mg/kg au total (Tableau II).

    TABLEAU II R6sultats

    Patients Protocole A Protocole B nombre de cures nombre de cures

    1 3 3 2 1 0 3 6 1 4 3 0 5 3 1 6 2 5 7 1 3 8 4 3 9 0 1

    T : 2 3 T : 17

    Les 6checs 6 dchecs prdcoces ont dtd prononcds chez 5 patients

    (2 S. mansoni, 1 S. haematobium, 1 S. japonicum, 1 S. inercalatum) ; apr~s la l~re cure A (1 fois), la 2~me cure A (2 fois), la 3~me cure/k (1 fois), la 4~me cure A (1 lois)

    la l~re cure B (1 fois) (Tableaux III et IV). Onze ~checs tardifs ont ~t~ prononc~s chez 6 patients (3 S. japonicum, 1 S. haematobium, 1 S. intercalatum, 1 S. mansoni) ; apr~s la l~re cure A (3 fois), la 3~me cure A (4 fois), la 6~me cure A (1 fois), la 2~me cure B (1 fois), la 3~me cure B (1 fois), la 5~me cure B (1 fois).

    TABLEAU III Les 6checs pr6coces

    Pa- Type Traitement Ddlai tient (mois)*

    1 S. mansoni 3~me cure protocole A 4 S. mansoni l~re cure protocole A 5 S. haematobium 2~me cure protocole A 6 S. japonicum 2~me cure protocole A

    l~re cure protocole B 8 S.intercalatum 4~me cure protocole A

    *par rapport ~ la derni~re cure

    TABLEAU IV Les 6checs tardifs

    Pa- Type Traitement D61ai tient (mois) *

    3 S. japonicum l~re cure protocole A 6 3~me cure protocole A 5 6~me cure protocole A 13

    4 S. mansoni 3~me cure protocole A 9 5 S. haematobium 3~me cure protocole A 12 6 S. japonicum l~re cure protocole A 23

    2~me cure protocole B 5 5~me cure protocole B 7

    7 S. japonicum l~re cure protocole A 16 3~me cure protocole B 9

    8 S.intercalatum 3~me cure protocoleA 6

    *par rapport ~ la derni~re cure

    DISCUSSION

    Int6r6t de la BMR pour le diagnostic de bilharziose : La BMR est ddj~ utilisde pour le diagnostic et le suivi

    des patients (7, 17, 18, 22, 26, 27, 29, 30, 31) et apparait comme la mdthode la plus sensible (5, 8, 34). Ajana et Lo- rette doivent ~ la seule BMR le diagnostic de bilharziose S. mdkongi (1, 21). La sup~rioritd de cette technique pour- rait s 'expl iquer par une dl iminat ion intermit tente des oeufs dans les f~c~s et les urines (9) ou par une rdtention ovulaire intra-tissulaire lide ~ la fibrose (28): Par ailleurs, la quantit~ d'oeufs dliminds ddpend du hombre d'adultes matures dans I'organisme.

    Nos observations qui objectivent une nette sup~riori- t~ de la BMR pour le diagnostic posit i f et le diagnostic de rechute conf i rment donc les donn~es de la litt~rature.

    Int6rSt du test de viabi l i t6 Ce test permet de distinguer les oeufs vivants des oeufs

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  • morts qui peuvent persister pendant plusieurs ann~es par exemple pour S. japonicum (10).

    L'~tude de viabilit~ n'est malheureusement pas systd- matique, elle est cependant indispensable (11, 26) et per- met I'indication du traitement (3, 4, 29, 30, 31). En effet, les oeufs viables disparaissent en 3 semaines de la muqueuse rectale et leur r~apparition signe la rechute (19), t~moi- gnant de la presence de vers femelles adultes vivants (38) et permettant donc d'affirmer la gu~rison ou I'~chec thdrapeu- tique (1,2, 17, 18,29,30,31).

    Les 6checs au Praziquantel

    a) Les dchecs prdcoces : six ~checs pr~coces ont ~t~ prononc~s ; ces r~sultats d6favorables sont surprenants car discordants avec des travaux o5 sont publi~s des taux de gu~rison dans les 3 premiers mois de 97,3 % (n = 75), 68,5 % (n = 60), 87 % (n = 30), 100 % (n = 24 -t-36) pour S. haematobium (6, 20, 25, 37) et de 83,5 % (n = 158) 96,2 % (n = 171, 86,5 % (n = 52), 83,7 % (n = 41) 88,1% (n = 37), 100 % (n = 11), pour S. mansoni (14, 20 24, 37) et 100 % (n = 180) pour S. japonicum (41). Peu d'~tudes viennent contredire ces chiffres avantageux ; Vachon rapporte un ~chec pr~coce (S. mansom~ attribu~

    la pr~cocit~ du traitement et I'inefficacit~ relative du PZ sur les larves (39).

    Soulignons toutefois que les crit~res de gu~rison ne font pas intervenir pour les ~tudes cities la BMR.

    b) Les #checs tardifs : onze ~checs tardifs ont ~t~ pro- nonces chez 6 patients ; I& encore ces ~checs apparaissent inhabituels compares aux r~sultats publids & 6 et 12 mois de suivil; 83,5 % (n = 79), 95,8 % (n = 71), 80 % (n = 19), 84,9 % (n = 53), 97 % (n = 37) & 99 % (n = 81) pour S. haematobium (3, 6, 20, 23, 3 7 ) e t 74 % (n = 146) 35,7 % (n = 28), 96 % (n = 28), 92,9 % (n = 28), 74 % (n = 37)~ 88,1% (n = 37), 97 % (n = 30) pour S. mansoni (14, 15, 20, 24, 37) et 70,7 % (n = 41) & 80 % (n = 75), 89,2 %, 99,5 % (n = 180) pour S. ]aponicum (35,36,41).

    Pour les auteurs cites les crit~res de gu~rison ne font pas intervenir la BMR.

    c) Analyse : les observations que nous rapportons ap- paraissent contradictoires vis-&-vis des chiffres publi~s et

    I'importance accordde dans notre dtude ~ la BMR en est la cause. Toute possibilitd de rdinfestation est dcartde puis- qu'aucun des patients n'est retournd en zone enddmique.

    Pieron (30, 31), Ajana et Vernes (1) ont soulignd ddjb la discordance existant entre la BMR et I'examen direct dans I'apprdciation de I'efficacitd du Niridazole, de I'Olti- praz et du PZ.

    L'existence d'oeufs vivants indique la persistance de femelles adultes. II a ~td ddmontrd expdrimentalement chez la souris que le Niridazole pouvait laisser subsister des vers adultes pouvant recommencer & pondre ; nos observations pourraient laisser supposer un phdnom~ne analogue pour le PZ.

    Le suivi prolong6 Un suivi b 12 mois est adoptd par une majorit~ d'au-

    teurs (3, 14, 15, 16, 23, 24, 25, 29, 30, 31, 35, 36, 42). Rapportant ici 11 dchecs tardifs, nous confirmons I'intd- r6t d'un suivi prolongd b partir de la derni~re cure.

    Posologie-Protocole A et B L'inefficacit~ de plusieurs cures du protocole A, nous

    a conduit ~ r~p~ter la dose 48 H plus tard (protocole B) ; nous avons ~galement observ~ des ~checs, le manque de recul suffisant et ce nombre limit~ de cas ne permettent pas de conclusion.

    CONCLUSION

    Le PZ est venu compldter les th~rapeutiques anti-bi- Iharziennes et de nombreux travaux font ~tat de son effi- cacit~ et de sa tolerance. En n~gativant les urines et/ou les f~c~s des patients, cette molecule permet d'esp~rer r~duire la morbiditd mais aussi de limiter la transmission en zone d'end~m ie.

    Par une m~thodologique rigoureuse, nous avons diag- nostiqu~ 17 ~checs au PZ chez 7 de nos 9 patients d~mon- trant par la m~me que cette mol(~cule a ~t~ incapable de r~soudre le probl~me parasitologique initial malgr~ des cu- res rdp~t~es et des posologies ~lev~es. Cela souligne I'int~r~t d'un suivi prolong~ avec BMR et test de viabilit6 pour I'appr6ciation de !'efficacit~ r~elle du PZ,

    SUMMARY Failure of the treatment by Praziquantal o f schistosomiasis. Interest o f rectal biopsy and o f long follow up

    From Jan 80 to Mar. 86, 9 patients infested with schistosomiasis were treated with PZ (55 doses o f 60 mg/kg), and underwent a long follow up with rectal biopsy (RB) and study o f living eggs. ICe Observed 17 parasitological failures in 7 patients ; these results show a lack o f correlation with other studies in which the efficacy o f the drug was assessed by simple stool or urine examination. Long follow up with RB seems ,~ be o f great interest to assess real efficacy o f PZ and to detect failures.

    Key-words : Failure - Rectal biopsy - Praziquantel - Schistosomiasis

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  • B I B L I O G R A P H I E

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